Solitudes
Par Di
Résumé : Juste une fic de St Valentin. Deux
personnes ont besoin de parler, d'être avec quelqu'un, de réfléchir, et peut
être arriveront-ils à quelque chose...
Rating : K
Pairing : J², Gibbs/Ducky friendship, Jenny/Ducky friendship.
Notes de l'auteur : Merci à Midship pour la correction.
Cette fic n'est rien d'autre qu'une énième
de mes fics déprime !
La fin, est un peu abrupte, certes,
mais,... enfin, j'espère que vous comprendrez,...
Juste pour signaler que l'action se passe
avant la saison 4 (entre autre pour des raisons pratique =>Hollis!!) et bien sûr après l'arrivée de Jen ^^
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Fatiguée,
elle était juste fatiguée, et après avoir tenté de se concentrer sur un dossier,
en vain, elle se décida à changer d'air. Elle bossait trop, lui disaient ses
collègues à longueur de journée.
Eh bien, elle allait s'accorder
une pause... Elle avait besoin de parler, à quelqu'un qui sache écouter... et
elle avait quelqu'un pour ça : Ducky.
D'un geste las, elle s'empara de
son long manteau, et le mit sur ses épaules, puis éteignit la lumière, passant
devant le bureau de sa secrétaire, et remarqua qu'elle n'avait pas encore de
message... « Ca de moins à faire demain » soupira-t-elle
intérieurement.
Elle tenta de relativiser dans la
voiture qui la conduisait, presque d'elle-même, tant elle agissait
machinalement, chez son vieil ami légiste. Elle avait failli renoncer plusieurs
fois, et aller se coucher, mais elle savait qu'elle ne pourrait trouver le
sommeil sans avoir parlé à quelqu'un....
Arrivée devant la maison de son
ami, elle arrêta le moteur, et se donna une poignée de secondes pour réfléchir,
avant de sortir de sa voiture d'un pas décidé. La vieille voiture anglaise
attendait, comme venue d'un autre temps, que quelque gentilhomme vienne s'en
emparer pour conduire sa belle hors de ce monde pourri, se surprit à penser la
rousse directrice... Ce n'est pas le
moment de déprimer, reprends-toi en main, ma fille, s'exhorta-t-elle
intérieurement. Elle agita doucement le fil de la cloche qui trouvait sa
résonance à l'intérieur de la demeure, et attendit que quelque bonne âme vienne
lui ouvrir, “Sa mère doit dormir, à une heure pareille” se dit-elle, et elle
douta, une fois de plus, des raisons qui l'avaient poussée à venir se réfugier
ici...
Elle attendit, deux, puis, cinq
minutes ; elle laissa les larmes qui lui piquaient les yeux depuis quelques
minutes couler le long de ses joues. Le froid qui régnait dans la campagne
environnante n'en était pas le seul responsable... Difficile de rester objectif
face à une vie sentimentale désastreuse, un soir de St Valentin.
Quand enfin la porte s'ouvrit,
tout son maquillage avait eu le temps de se dissoudre, s'étalant sur ses joues
en de longues traînées noires.
Le regard surpris, puis inquiet
de son ami ne fit qu'accentuer sa passagère crise de larmes, incitant celui-ci
à la faire entrer, d'une pression sur l'épaule... Une fois qu'il l'eût
débarrassée de son manteau, et lui eût indiqué un fauteuil, qui paraissait
aussi profond que confortable, il commença à s'enquérir de la raison de sa
visite, elle n'était pas le genre de personne à venir facilement demander de
l'aide, s'était-il fait la remarque...
“Que se passe-t-il, Jennifer ?”
lui demanda-t-il doucement. S'asseyant sur le fauteuil à côté de celui dans
lequel elle avait pris place, “Si vous êtes venue ici, c'est sans doute pour
parler, n'est-ce pas ?”.
Elle hocha la tête, les mots ne
passaient plus ses lèvres, ils étaient comme bloqués au fond de sa gorge, elle
laissa quelques larmes passer, et fit un nouvel essai : « Je, ..., je ne sais
plus où j'en suis ! » réussit-elle à balbutier d'une voix hésitante. Le regard
concerné du médecin en face d'elle l'incita à continuer. Vider son sac, voilà
de quoi elle avait besoin, une oreille pour l'écouter, à l'affût des
problèmes...
Elle commença à déballer son
histoire, sa souffrance, le fait qu'elle ne sache même plus pourquoi elle se
levait le matin, sa vie personnelle qui ne rimait à rien, parce qu'elle avait
privilégié une carrière qui ne l'avait menée nulle part... Et, ses relations
tendues avec Jethro. Elle insista là-dessus, jusqu'au moment où la sonnette
retentit pour la deuxième fois de la soirée chez le médecin légiste...
Il lui dit, inutilement, de
l'attendre où elle était, et alla voir quel visiteur s'était risqué jusqu'à sa
porte par une nuit aussi froide de février. Il fut on ne peut plus surpris en
voyant apparaître Gibbs, les traits tirés, qui paraissait au bout du rouleau...
“Décidément, ils m'ont tous choisi pour soulager leur peine”, s'étonna-t-il
intérieurement.
En voyant son ancienne maîtresse
perdue dans le fauteuil de son ami, Gibbs ne fit aucun commentaire, il se
contenta de lui lancer un regard interrogateur...
Elle se leva alors, remerciant le
légiste, comme si les traces de maquillage sur ses joues étaient naturelles,
comme si ses yeux rouges étaient passés inaperçus, et indiqua, comme pour
s'excuser, qu'elle était fatiguée et qu'elle avait besoin de dormir un peu...
Gibbs la suivit du regard et eut
du mal à détacher ses yeux de l'endroit où elle se tenait quelques instants
auparavant. En désespoir de cause, sans attendre une quelconque approbation de son
ami, il s'effondra à son tour dans le confortable fauteuil, humant, au passage,
l'odeur qu'elle y avait laissée... Il soupira longuement, sous le regard
attentif de son ami, qui se demandait ce que, finalement, ces deux là
attendaient pour aller parler entre eux plutôt que de le choisir comme
intermédiaire fortuit.
Il ne s'attendait pas à ce que
son ami parle, il était plutôt renfermé, et il était l'un des rares à
comprendre ce qui n'allait pas au moindre coup d'œil. “Chagrin d'amour ?”
lança-t-il, un peu dans le vide. Le regard qu'il reçut de son ami lui fit
comprendre qu'il avait vu juste,... Et il pensait savoir à cause de qui son ami
se sentait aussi mal...
Il n'y avait que des personnes
avec ce genre de caractère qui arrivaient à se voiler la face à ce point. Le
médecin soupira une bonne fois, il allait falloir leur ouvrir les yeux... Et
vite...
“Gibbs, tu devrais aller lui
parler, tu sais, à Jen. Si tu veux mon avis - et même si tu n'en veux pas je te
le donnerai quand même - elle n'attend que ça, ou plutôt, elle a peur de le
faire.
Elle attend, depuis déjà plusieurs années, mais, elle attend en vain, n'est-ce
pas ?
Tu
n'es pas près d'aller lui parler. De quoi as-tu peur ? Sa réaction ? Je suis
sûr que les réactions que vous avez eues, tous les deux, à cette époque, vous
paraissent injustifiées, à présent. Je suis sûr, que si elle était revenue en
tant qu'autre chose que directrice, ..., ça aurait été différent pour tous les
deux, pas vrai ?
J'ignore
ce qui s'est passé en réalité, j'en ai eu un vague aperçu, ce soir, de ce que
vous avez tous les deux pu vivre. Elle m'a parlé assez longuement, l'un des
plus longs monologues que j'ai jamais entendu, et pourtant, je suis moi-même
très doué pour ça... Elle a l'air d'aller aussi mal que toi, Jethro,... Si
aucun d'entre vous ne se décide rapidement, vous allez vous morfondre, et vous
haïr, pour le restant de vos jours, et tout ça parce que vous aurez eu trop de
fierté pour vous rabaisser au niveau de l'autre, ou vous y élever. Mais, vous
êtes au même niveau. Il vous faut juste ouvrir les yeux, Jethro. Tu m'écoutes ?
Jethro ?”
Mais, il était déjà ailleurs...
Parti dans ses pensées, revivant
toutes les nuits qu'il avait passées avec elle, tous les matins où il aurait
aimé être sûr d'être à ses côtés... Pour la peut-être millième fois depuis leur
séparation, son rêve d'antan lui était revenu, les années qu'il avait passées
sans elle, et pendant lesquelles il rêvait parfois qu'en se réveillant, il la
trouverait endormie à ses côtés, comme au “bon vieux temps”.
Et tous ces matins où il se
réveillait déçu, et seul... Ou, en tout cas pas avec elle. Et les disputes
continuelles qui pouvaient s'en suivre, avec toutes les femmes qui avaient
partagé sa vie depuis “Elle”.
Il y a des jours où certains souvenirs
lui revenaient en pleine face, et où, soudain, il ressentait le besoin de
parler à quelqu'un qui comprenait ce qu'il ressentait, qui le comprenait mieux
que quiconque. Elle était la seule dont il avait l'impression de dépendre, pour
sa survie. La seule qui semblait le comprendre un tant soit peu, qui semblait
avoir adopté le même mode de fonctionnement que lui, le café, le bourbon, et
tout cet ensemble de petits détails insignifiants, qui additionnés faisaient
qu'ils s'étaient tant entendus. Il s'était décidé, enfin, après près de sept
ans de réflexion. Il irait la voir; il saisit le manteau qu'il avait posé par
habitude sur le portant, près de la porte, et remercia son ami d'un signe de
tête.
Saisissant d'un geste déterminé
la poignée de la portière de sa voiture, il s'engouffra dans l'habitacle et le
moteur vrombit aussitôt, les roues pointées en direction de l'appartement de
Jen. Il devait lui parler.
Arrivé devant la porte de son
immeuble, il se résigna à l’idée de devoir faire le premier pas, à devoir
accepter les erreurs qu'il avait faites. Qu'ils avaient faites.
Ils allaient devoir faire le
point, revenir à zéro, savoir où tout avait commencé, où tout avait commencé à
se finir, où ils allaient devoir reprendre, pour arrêter de se voiler la face,
pour recommencer à vivre, ensemble.
A des kilomètres de là, le
légiste soupira, fatigué. Il avait réussi à réunir ses deux amis, ces deux âmes
qui en avaient le plus grand besoin. Il monta dans sa chambre d'un pas lourd,
il avait joué les Cupidon, mais, à présent, qui s'occuperait de “son cas” ?
FIN